SENEGUINEE-B. PART I: Dealer avec les autorités

Hey hey, ça fait un moment que je n’ai pas pris le temps d’écrire un mot par ici, la faute à un voyage de dernière minute.
Mais cette fois, pas de street-art, ni de cinéma ou encore de hype shit jusqu’à la fin mai.  Je parlerai culture africaine parce qu’on part sur la terre de mes parents: La Guinée Bissau*, et celle qui les a accueillit avant de migrer vers la France, le Sénégal.

Je suis arrivée il y a maintenant une semaine et en 7 jours j’ai eu le temps de me prendre quelques gifles mais surtout profiter de ce retour aux sources pour relativiser certaines futilités parisiennes.

Arrivée la nuit du 17 avril à DKR YOFF, j’ai vite appris que mon passeport français faisait tout simplement de moi, une française. Marrant parce qu’à Paris, c’est la lutte pour faire accepter cet état qu’on appelle « droit du sol ». Du sol, oui! Et à juste titre quand on sait que nos ancêtres ont combattu pour et sur ce dit sol. Bref, je ne m’attarderai pas là dessus mais plutôt sur l’accueil qui m’est réservée quand je présente mon passeport comprenant mon visa de Séné-gauloise.

Douanier: « combien vous payez le visa là bas à Paris? »
Moi: « 50€ »
Douanier (avec mépris): « C’est bien… »

Je ne remets pas en cause le fait d’avoir mis en place un visa pour les ressortissants européens parce que pour le coup je suis 100% cool avec ça. Ce que je reproche c’est ce regard qui veut dire « vous là bas en France qui avez les poches pleines d’euros. Et plus encore vous, les déserteurs aujourd’hui privilégiés, vous ne méritez que dédain et ressentiment ». Et ça, honnêtement ça me met les nerfs simplement parce que la diaspora contribue énormément au développement du Sénégal comme de la Guinée Bissau parce que nous supportons en partie nos famille restées là bas, parfois même nous faisons tourner l’économie par nos divers business tenus par la famille et les locaux. Alors par pitié, il va falloir stopper ce jeux d’enfants qui consiste à jalouser son voisin de table parce que sa trousse est sur le papier plus fournie… BREF

Ce feeling, ressenti à  » Léopold Sedar Senghor« , s’intensifiera 2 jours plus tard au poste frontière de Mpack en Casamance avant d’obtenir le fameux sésame qui me permettra de me recueillir sur la terre de mon défunt père: La République de Guinée Bissau.
Et, quelle République! Ce terme censé dans mon inconscient me rassurer sur  une certaine forme d’état de droit et de sécurité, a vite été effacé par la multitude de contrôles « douaniers et policiers » observé par des militaires en uniformes et kalash, comme par des traînes-savates (oui j’ai utilisé ce terme et je l’assume) qui n’ont rien d’autre à faire de leur journée que de pseudo contrôler des passeports et saufs-conduits contrôlés déjà 100 fois avant eux dans l’espoir de soutirer quelques pièces. Je ne comprendrais jamais cette « folie de la procédure » dans un pays où rien n’a jamais été organisé depuis l’assassinat d’Amilcar Cabral en 73. Des dizaines d’officiers devant des baraques au crépis qui tire la tronche, écoutant les derniers titres de Kuduro en se curant les dents, maltraitant les voyageurs de tous bords. Personnes âgées ou jeune fille en fleur, tu prendras ton compte de mépris avant d’atteindre ta destination finale, c’est aussi ça la Guinée Bissau. Honnêtement, je suis tellement énervée contre ces « militaires qui ont tout dans la gâchette, rien dans la tête » (les amateurs de Solaar, 1ere époque comprendront). On veut nous faire croire qu’on est organisé et qu’on maîtrise les flux migratoires or la seule chose qu’ils maîtrisent c’est l’abus de pouvoir et le bakchich.

Preuve en est, après mon 6e contrôle sur, je pense 3kms, je donne mon passeport à un officier qui pour une fois me laisse passer avec le sourire. Satisfaite, je repars en direction de la 505 cabossée. Une douanière en guenilles, le ventre ou plutôt, la tirelire bien remplie sans doute de pièces extorquées aux voyageurs, me hèle comme du bétail pour demander à REvoir mon passeport.
Je reviens sur mes pas sans laisser échapper le moindre sentiment (sinon on est bon pour des problèmes), elle s’adresse à moi en créole, sans même me regarder, sachant pertinemment que je n’y comprends que dalle. Elle tourne les pages de mon passeport et heureusement mon voisin me fait la traduction en mandjaque (mon dialecte). « Elle a dit, la prochaine fois, tu lui amènes un sac à dos comme le tien »
Encore une fois, je ne laisse rien transparaître et avec un grand sourire de bouffonne lui claque « A proxima vez » avec mon accent  bancal. Elle rit, j’ai gagné, je peux y aller… CONNASSE!

Malgré ces aléas de la procédure selon la Guinée Bissau, nous passons cette foutue frontière sur le papier et dans nos coeurs. L’odeur de terre de la Casamance a pris un gout sucré. Les anacardiers bordent notre route, on est définitivement sur la terre bissau-guinéenne. Et rien d’autre ne pourra me gâcher ce plaisir. Je vais enfin pouvoir me recueillir chez moi à Benitch, sur la sépulture de mon père… Ca fait 9 ans qu’il n’est plus mais pour la première fois,  j’ai le cœur léger…

*à ne pas confondre avec la Guinée qu’on appelle Conakry hein, c’est le moment de revoir sa géographie parce que cette colonie portugaise au sud de la Casamance n’est pas connu pour les bonnes raisons 😉

A SUIVRE
PART II: La vie et les coutumes au village

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s